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Découvrir ce qui entoure la commotion cérébrale

La commotion cérébrale

Qu’on soit en santé ou non, qu’on s’alimente bien ou non et quel que soit le niveau de forme physique d’un individu, nul n’est à l’abri d’une commotion cérébrale. Un impact au corps ou à la tête peut fragiliser même les plus solides hommes et femmes de ce monde.

Je pensais que je l'étais, à l'abri, jusqu'au jour où mon corps a failli. Un accident bête, certes, mais combien dommageable! Me cogner la tête de façon banale dans ma propre cuisine, deux fois en l'espace de deux minutes a été ce qu'on appelle le coup de grâce! Après le deuxième impact, les genoux ont fléchi et de façon instantanée, je me suis retrouvé au sol, la tête emplie de spasmes douloureux. Cette journée fut le commencement d'un enfer long de plusieurs semaines durant lesquelles j'ai eu à composer avec à la fois une commotion cérébrale et une entorse cervicale!

Définition
Par définition, une commotion cérébrale est un traumatisme cranio-cérébral (TCC) léger. Elle survient généralement lorsque, après un impact, les tissus mous du cerveau se déplacent à l’intérieur de la tête pour venir heurter les parois de la boite crânienne. Ce contact peut donner suite ou non à une brève perte de conscience et à des vomissements.

Causes
On entend souvent dire dans les médias que les joueurs de hockey et de football sont victimes de commotions cérébrales. Mais qu’en est-il de notre quotidien à nous qui ne sommes pas des athlètes de ce type? De quelles façons peut-on souffrir d’un TCC léger?

En fait, une commotion cérébrale est le résultat d’un impact au niveau de la tête, du cou ou même du corps. Un individu peut souffrir d’un TCC léger à la suite d’un accident de voiture ou de vélo, d’une chute, d’une collision avec un autre individu ou de tout autre contact qui produit un mouvement non contrôlé de la région cérébrale.

Accélération rotationnelle

Lors d’un impact violent au corps ou à la tête, il se produit un phénomène d’accélération rotationnelle à l’intérieur du crâne, ce qui permet aux tissus du cerveau de se déplacer et ainsi aller se frotter contre la boîte crânienne. Par la suite, une inflammation des tissus mous du cerveau apparaît et s’en suit un dérèglement des fonctions chimiques du cerveau, ce qui cause une commotion cérébrale.

Symptômes
Il existe de nombreux symptômes liés à un TCC léger. Il est très important de noter qu’il n’est pas nécessaire d’avoir tous les symptômes pour être affecté. De plus, si vous pensez souffrir d’une commotion cérébrale et que vous avez seulement quelques symptômes, cela ne veut pas dire que vous n’êtes pas affectés. Outre les symptômes immédiats, d’autres peuvent apparaître dans les heures / jours suivants, rendant ainsi le diagnostic plus facile.

Voici une liste des principaux symptômes liés à un TCC léger :

Symptômes observables Symptômes non observables
  • Trouble d'équilibre
  • Confusion
  • Manque de coordination
  • Vision floue ou double
  • Regard vide
  • Somnolence
  • Brève perte de conscience
  • Vomissement
  • Émotivité accrue
  • Irritabilité
  • Difficulté à s'endormir
  • Dormir davantage que d'habitude
  • Nervosité
  • Engourdissement
  • Température corporelle
  • Céphalée (mal de tête)
  • Étourdissement
  • Difficulté à se concentrer
  • Sensibilité accrue au bruit
  • Sensibilité accrue à la lumière
  • Nausée
  • Se sentir au ralenti
  • Sensation de pression dans la tête
  • Douleur au cou ou à la nuque
  • Vertige
  • Voir des étoiles
  • Bourdonnement dans les oreilles
  • Trouble de mémoire
  • Tristesse
  • Picotement sur la peau

Quoi faire si vous avez un soupçon?

Lorsque vous soupçonnez une commotion cérébrale, il est recommandé de retirer immédiatement l’individu concerné de ses activités régulières. En utilisant le terme « activités », je parle de sport, travail, loisir, école et tout ce qui est susceptible de stimuler le corps ou l’intellectuel. Il est possible que les symptômes s’estompent ou disparaissent durant la journée. Si c’est le cas, il ne faut pas reprendre les activités ! L’individu doit demeurer au repos durant au moins 24 heures afin d’observer si les symptômes reviennent (prévention).

Par la suite, il est fortement conseillé de consulter un médecin. Si vous avez un médecin de famille, prenez rendez-vous sans tarder. Si vous n’avez pas de médecin de famille, je vous conseille de consulter un médecin en clinique d’urgence. Un médecin devrait être en mesure d’identifier les symptômes et de prescrire un traitement à la personne atteinte d’un TCC léger.

Traitement

Il est important de comprendre qu’il n’y a pas de remède miracle pour soigner une commotion cérébrale. Aucun médicament, aucune crème, aucune pilule. Le repos est le seul traitement efficace pour se remettre d’une commotion cérébrale. Même les Tylenols, Advils, Aspirine ou autres n’ont aucun effet sur les symptômes! Il faut éviter toute stimulation physique ou cérébrale pour permettre à la lésion de se réparer par elle-même. Un médecin peut vous prescrire un antiinflammatoire pour aider l’inflammation des tissus cérébraux à se résorber.

Il est important de noter que la rapidité de la guérison n’a aucun lien avec le nombre de symptômes. Un individu peut n’avoir que deux symptômes et prendre plus de temps à guérir que quelqu’un qui a 12 symptômes! En gros, il n’y a pas de « petites » commotions cérébrales. Une commotion reste une commotion et elle doit être traitée selon le protocole établi.

Prévention

Il est malheureusement très difficile de prévenir les commotions cérébrales. Un coup à la tête reste un coup à la tête! En fonction de l’activité, certains diront que de porter un casque ou un protecteur buccal empêche un individu de subir une commotion cérébrale. Toutefois, les recherches menées à ce sujet n’ont pas été concluantes et ne démontrent pas de façon significative que le port d’un casque (par exemple) réduit les chances de subir un TCC léger.

Ce qu’il faut retenir (sans entrer dans les détails), c’est que le casque, peu importe la marque et le prix, protège la structure de la boîte crânienne et aide à éviter une fracture d’un des os du crâne. Quant à elle, la commotion cérébrale est provoquée par l’accélération rotationnelle du cortex cérébral lors d’un impact. Si le casque ne contribue pas à réduire l’accélération rotationnelle, qu’est-ce que nous pouvons faire pour aider à prévenir un éventuel TCC léger?

Il existe quelques solutions à mettre en place dans le but de réduire l’accélération rotationnelle. Bien entendu, elles ne permettent pas d’éliminer totalement les blessures cervicales mais elles permettent d’offrir une meilleure résistance au corps face à un impact. Parmi celles-ci, il y a le renforcement des muscles stabilisateurs du cou et le redressement de la posture au niveau de la protraction de la tête (voir image-ci-dessous).

Protraction de la tête

La protraction de la tête (tête projetée vers l’avant) crée une sur-stimulation des muscles nommés extenseurs du cou. Ceci dit, les muscles nommés fléchisseurs profonds sont alors inhibés, rendant la tête et le cou plus fragiles aux impacts. Plus la tête est projetée vers l’avant, plus il y a de tension sur les extenseurs du cou. Ce phénomène est très présent aujourd’hui en raison du grand nombre d’heures passées devant un écran d’ordinateur ou d’un téléphone cellulaire!

Pour corriger cette posture, il faut activer et renforcer les muscles stabilisateurs du cou de même que détendre les pectoraux et les sterno-cléido-mastoïdiens. Un physiothérapeute ou un professionnel similaire peut vous fournir les exercices adéquats dont vous aurez besoin afin de corriger cette posture et ainsi solidifier cette région!

Reprise des activités

Voilà la question qui est, à mon avis, la plus importante de toutes! À quel moment puis-je recommencer mes activités régulières? Il est extrêmement important de bien se poser la question car un retour hâtif ou prématuré pourrait avoir de lourdes conséquences sur le cerveau et les habiletés cognitives.

Il existe de nombreux protocoles de « retour au jeu » à la suite d’une commotion cérébrale. Si vous avez cherché le moindrement sur le sujet, vous avez probablement trouvé un protocole concernant les enfants ou les joueurs de hockey / football. Ces protocoles sont très répandus car ces deux sports sont parmi les plus pratiqués et génèrent un grand nombre de commotions cérébrales. Cela ne veut pas dire qu’un individu non sportif ayant eu un TCC léger doit forcément suivre ces protocoles! Un individu travaillant dans un bureau et ne pratiquant aucun sport ne peut pas suivre un protocole dont les étapes consistent à chausser les patins seulement à la phase 2! Chaque commotion cérébrale est unique et doit être traitée un cas à la fois.

Je vous propose ici un protocole plus général, que la majorité des gens peuvent suivre en cas de commotion cérébrale. Ce protocole se divise en trois phases distinctes. Chacune de ces phases doit être suivie de façon assidue et ne doit en aucun cas être négligée.

Durant le processus en trois phases, il y a un chiffre magique à ne pas oublier : 24. Entre chaque étape, il faut laisser un délai de 24 heures avant de passer à la suivante. Il est possible, à partir de la phase 2, que certains symptômes réapparaissent. À ce moment, il faut reprendre à la phase 1 et recommencer le processus.

Phase 1 : Le repos complet

Le meilleur moyen pour se remettre d’un TCC léger est d’être au repos complet et total jusqu’à la disparition de tous les symptômes. En fonction de la sévérité de la commotion cérébrale, le repos peut aller de quelques jours à plusieurs semaines.

Repos complet

Durant cette phase, il faut éviter les activités listées dans le tableau ci-dessous.

Repos intellectuel Repos physique
  • Aller à l'école / Travailler
  • Lire un livre (papier ou numérique)
  • Utiliser un ordinateur / Internet
  • Jouer à des jeux vidéo
  • Écouter la télévision
  • Parler au téléphone
  • Envoyer des messages texte
  • Jouer à des jeux de société / patience
  • Conduire un véhicule
  • Écouter de la musique
  • Toutes stimulations cérébrales
  • Prendre des marches
  • Courir
  • Faire du vélo
  • Faire du Yoga
  • Aller au gym
  • Rester debout durant de longues périodes
  • Travailler
  • Trop parler
  • Tous sports ou activités physiques

La phase 1 est de loin la plus difficile à réaliser. Essayez de passer une seule journée sans faire les activités ci-haut mentionnées et imaginez-vous ce que ce serait durant 10, 15 ou 20 jours. La tentation de déroger à l’une ou l’autre de ces activités est immense et constante. Si vous avez un chalet dans le bois, sans électricité ni téléphone et que votre signal cellulaire ne s’y rend pas, vous avez un bon endroit pour vous reposer!

Lorsque tous vos symptômes seront disparus, patientez 24 heures et passez à la phase 2.

Phase 2 : Retour progressif à des activités de base

Cette phase se veut un retour progressif à quelques activités stimulant légèrement le cerveau. On peut diviser cette phase en quelques étapes pour faciliter la progression du niveau d’intensité des activités.

Étape 1 :

Pour la première étape, on peut :

  • Lire un livre durant 15 minutes
  • Marcher à l’extérieur durant 20 minutes (soyez vigilants aux plaques de glace si vous marchez l’hiver)
  • Écouter de la musique à bas volume
  • Regarder la télévision durant 15 minutes
  • Lire ou écrire quelques courriels (15 minutes)
  • Se rendre dans un endroit public achalandé et lumineux (centre d’achats, restaurant, etc.)

Les activités de cette première étape de retour progressif ont une incidence très minime sur le rythme cardiaque. Il suffit simplement pour le cerveau de réaliser un effort minime. Si vous ressentez des symptômes à ce stade-ci, il faut retourner à la phase de repos et attendre que les symptômes soient totalement disparus. Si tout va bien, patientez 24 heures et enchaînez avec l’étape 2!

Étape 2 :

Pour la deuxième étape, il est temps de faire augmenter légèrement le rythme cardiaque à l’aide d’un effort physique léger. Le but est d’atteindre entre 60% et 65% de la fréquence cardiaque maximale (soit l’équivalent d’un échauffement cardiovasculaire). À titre d’exemple, il est possible de :

  • Faire de la marche à une vitesse moyenne à rapide
  • Faire du vélo stationnaire
  • Faire de l’elliptique

Sur le plan intellectuel, il est possible de :

  • Écouter de la musique à un volume normal
  • Regarder la télévision durant 45 à 60 minutes
  • Lire un livre durant 45 à 60 minutes
  • Naviguer sur Internet (30 à 45 minutes)

Si vous ressentez des symptômes durant la deuxième étape, il faut retourner à la phase de repos et attendre que les symptômes soient entièrement disparus. Si tout va bien, patientez 24 heures et enchaînez avec l’étape 3!

Étape 3 :

C’est à la troisième étape que le vrai test commence! Ici, il faut pousser un peu plus l’exercice et stimuler davantage le rythme cardiaque. De plus, il est possible d’incorporer quelques exercices plus complexes. Voici quelques exemples :

  • Faire du vélo stationnaire (intervalles allant de 80% à 90% de la fréquence cardiaque maximale)
  • Faire de l’elliptique (intervalles allant de 80% à 90% de la fréquence cardiaque maximale)
  • Introduire des mouvements de musculation à l’aide de charges légères
  • Exercices d’aérobie sans impact (pas de saut, bond, jogging, etc.)

Sur le plan intellectuel, il est possible ici de faire plusieurs activités :

  • Conduire la voiture sur une courte distance
  • Faire des jeux de mémoire
  • Jouer aux cartes
  • Jouer à des jeux de société

Si vous ressentez des symptômes durant la troisième étape, il faut retourner à la phase de repos et attendre que les symptômes soient complètement disparus. Si tout va bien, patientez 24 heures et enchaînez avec la dernière étape!

Étape 4 :

Cette dernière étape de retour progressif incorpore une base de presque toutes les activités régulières, dont :

  • Faire du vélo à l’extérieur
  • Patiner sans contact
  • Jogging léger
  • Conduire la voiture sur de plus longues distances
  • Musculation avec des charges modérées
  • Écouter un film
  • Exercices cérébraux plus complexes
  • Exercices d’habiletés sportives (selon la discipline)

Si vous ressentez des symptômes durant la quatrième étape, il faut retourner à la phase de repos et attendre que les symptômes soient disparus. Si tout va bien, patientez 24 heures et enchaînez avec la phase trois!

Phase 3 : Retour complet aux activités régulières

Avec l’accord de votre médecin, c’est ici que vous pouvez :

  • Retourner à l’école ou au travail (de façon progressive si possible)
  • Reprendre vos activités normales
  • Reprendre l’entraînement
  • Reprendre vos activités quotidiennes

Durant cette phase, il faut être à l’écoute de son corps et il faut savoir repérer les symptômes qui pourraient se manifester. Comme pour les étapes précédentes, si vous ressentez un ou plusieurs symptômes ici, vous devez recommencer à la phase 1.

Conclusion
Pour conclure, j’aimerais que vous reteniez quelques points très importants.

  • Personne n’est à l’abri d’une commotion cérébrale
  • Chaque commotion cérébrale est unique et est traitée de façon unique
  • Un TCC léger produit des changements permanents au cerveau
  • Les symptômes peuvent se manifester immédiatement après un impact ou seulement 48 heures plus tard
  • La quantité de symptômes ne définit pas la sévérité de la commotion cérébrale
  • Le seul remède pour en guérir est le repos total
  • Si vous pensez souffrir d’un TCC léger, consultez votre médecin sans tarder
  • Il ne faut pas sauter d’étapes dans le retour progressif aux activités
  • Consultez votre médecin si vous devez prendre de la médication
  • Soyez très à l’aise de faire appel à un thérapeute certifié pour vous aider dans votre cheminement

Si vous avez des questions ou des commentaires, ne vous gênez pas pour m’écrire. Il me fera plaisir d’échanger avec vous sur le sujet!


Bruno Mercille
Entraîneur privé
bruno.mercille@fitavie.ca

Source: Ian Kutschke, The effects of the Alexander Technique training on neck and shoulder biomechanics and posture in healthy people, 2010